Mon appréciation du boîtier Fujifilm X-E2 (1 de 2)

Fuji X-E2

 C’est bien connu dans le métier de photographe, que le créneau technique, c’est-à-dire des caméras et tout autre accessoires servant à capturer une image est en constante évolution d’année en année, ce qui force la plupart des photographes à engouffrer des sommes considérables à chaque année afin de se tenir à date.

Un peu las de traîner avec moi du gros matériel photo, je me suis convaincu qu’un regard du côté des appareils sans miroirs, communément appelé mirrorless, serait peut-être intéressant. Certains amis, mal intentionnés pour me faire dépenser inutilement (haha), s’en sont donné à cœur joie afin de me créer des besoins. Farce à part, je les remercie. 😉

(Oui Éric (GX7), Michel (X100s) et Marco (X-T1), c’est de vous dont je parle. lol)

Avec en tête une nouvelle acquisition pour mes besoins photos personnels, je me suis donc mis à la recherche de la meilleure option pour moi. Comprenez moi bien, je ne dis pas avoir acheté la meilleure caméra qui existe, mais un excellent boîtier qui vient combler mes besoins. Je voulais donc une caméra légère, qui pouvais répondre à ces attentes.

-Excellent boîtier, petit et léger

-Fichiers de hautes qualités

-Série d’objectifs de hautes qualités

-Bonne construction

-Bonne aptitude en haut iso

-Bon autofocus

-Objectifs interchangeables

Ceci dit, il n’y a pas de boîtiers mirrorless qui existe actuellement qui contiennent une liste exacte de toutes mes exigences. Quand ils ont une partie de ce que je recherche, c’est ailleurs qu’il y a un manque. L’autofocus en basses lumières est très aléatoire, l’iso utilisable le plus haut est 6400, mais est néanmoins de très bonnes qualités car il n’est pas remplis d’artefacts dans ses zones sombres. L’autonomie représente aussi pour moi un léger problème. Il faut comprendre que l’utilisation professionnelle demande parfois une utilisation de plus longue durée que pour monsieur et madame tout le monde. Si les batteries ne sont pas si chère pour combler cette lacune, il reste que lors d’un contrat, lorsqu’il y a ce que l’on appelle un “instant décisif”, vous savez, ce moment unique qui passe le temps d’un clin d’œil, et bien il n’est pas apprécié de perdre à tout jamais ce moment par manque d’énergie. Une batterie pour ce modèle vous permet de prendre environ 300 images. Pour la plupart des gens, 300 c’est beaucoup, mais pour un usage professionnel, ça passe vite.

Là vous vous dites “Hé ho! Tu ne cherchais pas une caméra compacte pour utilisation personnelle?” Hé oui! Ça commence souvent comme ça une nouvelle addiction. 🙂

J’ai vite découvert au long de mes recherches que je pouvais obtenir plus pour mon argent que ce que je pensais au tout début. Mon intention d’utiliser un tel appareil pour des besoins personnels s’est vite vu ajouter certaines occasions de l’utiliser pour certains besoins professionnels. Le système Fuji à vite attiré mon attention. De beaux boîtiers aux allures des Leica, de beaux appareils aux allures de rangefinder (appareil au viseur télémétrique). Des appareils quasi anonymes tellement ils n’attirent pas l’attention. J’ai aussi été impressionné par les “reviews” très positives sur les objectifs de la marque, qui dans certains cas, atteignent des standards que peu d’objectifs peuvent se vanter d’atteindre. Pour moi, de pouvoir changer d’objectifs selon le besoin était important, afin de ne pas me limiter à une seule longueur focale, vissé au boîtier ce qui à la longue m’apparaît comme une limitation technique dans certaines occasions. J’avais donc devant moi deux choix à faire pour le type de caméra recherché. D’un côté l’excellent X-Pro1, avec un excellent viseur hybride, et de l’autre, un X-E2 avec un autofocus plus rapide et plus performant ( surtout dû au fait qu’il soit plus récent). Mon choix s’est donc porté sur le X-E2. Vous êtes surpris? C’était pourtant dans le titre! 😛 Un article du National Geographic est d’ailleurs venu me conforter dans mon choix. De plus, la légèreté d’un tel système est fort appréciable pour une personne comme moi fatigué de transporter 50 lbs de matériel dans un sac, surtout lors de prise de vues extérieures pour mon créneau portrait. Quoi de plus agréable que d’amener un ou deux boîtiers ultra-léger avec un ou deux objectifs qui tiennent bien dans une des poche de ma veste. 😉

Ce billet va comporter un volet technique, mais pas en détail. Certains sites ont détaillés en long et en large les pour et les contre techniques de cet appareil. Les amateurs de fiches techniques devront donc s’en remettre à ces sites. En fait, c’est mon appréciation globale de cet appareil que je veux partager en fonction de situation réels de prise de vues. Que ce soit pour un usage professionnel, ou personnel.

Ma première utilisation après mon acquisition fût lors d’une prise de vue de couple, ce que l’on appelle communément “la séance d’engagement”. Suis-je parti sur une assignation photo  avec dans mes mains uniquement ce petit boîtier? Bien sûre que non! J’ai toujours été un fier utilisateur de Nikon, et j’avais avec moi mes deux boîtiers professionnels ainsi que quelques objectifs. J’ai néanmoins demandé au couple de me permettre de prendre quelques clichés avec le Fuji, ce qu’ils ont accepté volontiers. J’ai été charmé immédiatement par son utilisation, bien sûre j’avais pratiqué avec cette appareil avant ce moment avec eux, mais ce fut ma première utilisation en conditions réels professionnels. L’utilisation, les commandes personnalisables, la qualité des fichiers et surtout, ces couleurs propres à Fuji étaient un délice pour mes yeux. J’ai donc décidé de poursuivre l’expérience et de pousser un peu plus loin. Une amie photographe, Nancy Patry, m’a demandé si j’étais libre pour un mariage afin d’agir en tant que second photographe. Ils nous arrive à tous en tant que photographe d’avoir certaines dates qui ne sont pas réservés. Pour certains, cette occasion permet une collaboration ponctuel et une occasion de partager une expérience de “shooting” commune. Comme la chimie entre moi et Nancy est excellente, ce fut une occasion de collaborer ensemble. De plus, je dois avouer que ses clients étaient fort sympathique, et m’ont laissé pleine latitude. J’ai donc proposé à Nancy de faire quelques clichés avec l’appareil, ce qui devrait représenter environ 15% de la couverture que j’ai fait. Elle fût enthousiasmé.

(La légende de chaque image se retrouve au dessus de celle ci)

Voilà d’ailleurs Nancy en plein travail.

NPphoto

Alors voici donc quelques clichés avec détails de prise de vue. Toutes les images ont été prises avec le Fujifilm X-E2 en lumière ambiante et la Fujinon 35mm 1.4 (équiv. 52.5mm)

iso 200, 1/320sec, f2.5, balance des blancs et couleurs modifiés.

FUJI3252

iso 3200, 1/180sec, f2.5 à l’intérieur de la salle de réception. Malgré l’iso utilisé, les détails de cette prise de vue sont excellents. Balance des blancs de l’appareil.

FUJI3282

iso 1250, 1/180sec, f2.8, balance des blancs de l’appareil

FUJI3313

iso 1250, 1/60sec, f1.4, balance des blancs de l’appareil. Il est intéressant de savoir que l’appareil, avec des vitesses plus basse, à son propre système anti-vibrations.

FUJI3329

iso 200, 1/40sec, f2.2, balance des blancs de l’appareil. Notez le “sharpness” malgré la basse vitesse et la faible profondeur de champ.

FUJI3356

iso 400, 1/1000sec, f1.4, balance des blancs de l’appareil. Malgré la faible profondeur de champ, l’image jouit encore d’un piqué excellent. Bien sûre, avec mon décalage de position en rapport avec elles, je suis en hyperfocale. De plus, aucuns problèmes chromatiques dû à une réflexion quelconque. J’ai pourtant vu des objectifs plus dispendieux mordre la poussière avec des conditions lumineuses comparables, et ce, même si cette situation ne représente en rien des conditions extrêmes.

lifestyle wedding

iso 200, 1/180sec, f3.6, balance des blancs de l’appareil. Mise au point faite sur les yeux. En mode d’agrandissement 100%, on vois bien le détail au niveau de la chevelure et la texture de l’œil.

FUJI3457

iso 200, 1/1000sec, f3.6, balance des blancs de l’appareil. L’avantage d’un mirrorless comme le modèle utilisé, c’est la pré-visualisation de l’image en temps réel. Ce que vous voyez dans le viseur ou à l’écran, c’est ce que vous obtiendrai une fois l’image prise. Vous changé les temps de poses, la profondeur de champ, vous verrez alors instantanément votre écran changer, et ce même avant de presser le déclencheur. J’y vois un gros avantage pour ceux et celles qui veulent composer avec la lumière. J’y reviendrai d’ailleurs plus tard.

mariage lifestyle

iso 1000, 1/400sec, f2.0, balance des blancs et couleurs modifiés.

montreal wedding photographer

iso 1000, 1/500sec, f1.4, balance des blancs de l’appareil. Mise au point faite sur les détails en bois de la clôture afin de produire un effet de flou sur le couple.

FUJI3619

iso 5000, 1/100sec, f2.8, balance des blancs de l’appareil. La photo à été prise en intérieur, donc aucune luminosité extérieur disponible. Autant les détails que le niveau de bruit est fort acceptable pour une image prise à haut iso.

FUJI3640

…et pourquoi pas jouer un peu avec les détails présents. 😉 iso 3200, 1/50sec, f2.8 et balance des blancs de l’appareil.

FUJI3576

iso 5000, 1/100sec, f2.0, balance des blancs de l’appareil. Photo prise avec éclairage à contre-jour. Encore une fois, le piqué est excellent, mais je dois l’avouer, cette image est dû plus à de la chance. Lors de la dance du couple, comme la luminosité variait énormément en fonction du jeux de lumières en mouvement constant, il a été très difficile pour l’appareil de faire un “lock” au niveau de la mise au point de l’autofocus.

FUJI3677

Les limites de ce boîtier ayant été atteintes, je n’ai pas hésité à utiliser un de mes boîtiers habituelles. Le nikon D3 avec 50mm 1.4 iso 6400, 1/60sec, f1.4 en lumière ambiante et balance des blancs de l’appareil. Un mariage étant un moment unique dans une vie, je ne pouvais pas prendre trop de temps à utiliser un boîtier dont je ne connais pas l’efficacité en toutes circonstances. J’ai donc pris moins d’une minute avec le X-E2 pour retourner immédiatement au D3 que j’avais autour du cou. N’oubliez pas que le risque ici de perdre ce moment était minime, car j’étais après tout un “second photographe”. 😉

mariage montréal

Mon appréciation…

J’ai adoré travailler avec ce petit nouveau qui fait partie désormais de mon arsenal matériel. Son poids, sa physionomie plutôt discrète comparé à mes gros “kodak”, la qualité de ses images et de ses optiques. Des images très détaillés autant en iso normal qu’en haut iso. Sa facilité d’utilisation et la possibilité de le personnalisé via certains des boutons présents en leur assignant des fonctions précises. Pour ce qui est du viseur, c’est bien, mais c’est une adaptation. Un viseur électronique n’est en rien comparable à un viseur optique. C’est un peu pour cette raison que je disais plus tôt dans ce billet que cet appareil avait les apparences d’un ranfinder, mais n’en est pas un. Pourquoi? Tout simplement parce que il ne s’agit pas ici d’un viseur télémétrique standard, mais d’une miniaturisation d’un écran qui nous rend l’image tel que vu par le capteur. De plus, l’avantage pour moi d’avoir un viseur sur le côté, c’est que je cesse d’y coller mon gros nez. Comme j’ai un visage avec peau grasse (lucky me, moins de rides yeahhh), je ne passe pas mon temps à laisser ma marque dans l’écran. L’écran cependant est superbe.

J’ai immédiatement vu l’avantage qu’à cet appareil sur la créativité. J’aime beaucoup faire la chasse à la lumière, j’aime créer avec celle ci. La plupart du temps je ne cherche pas un beau background pour mes images, mais plutôt une qualité de lumière, et si possible, ces “ray of light” si difficile à trouver et parfois avec un temps manquant, une perte d’opportunités. Un mariage est un feu roulant d’événements qui ne cessent de se succéder. Alors parfois prendre du temps pour obtenir un résultat X en faisans quelques essais/erreurs est parfois impossible. C’est là que la prévisualisation en temps réel est apprécié, car à l’écran, on trouve immédiatement les résultats avant de presser le déclencheur en fonction du temps d’exposition et de son ouverture de diaphragme. Ce qui prenait alors une minute et plus en temps réel ne prend désormais que 5 à 10 secondes. Avec cette avantage, je peux prendre plus de temps à créer et à laisser cour à ma créativité. Pour ce qui est de son rendement avec la lumière artificielle, il est excellent. J’utilise également beaucoup la lumière ambiante, et également une lumière que je peux manipuler à ma guise. J’ai fais partie des premiers à utiliser autrefois les lumières à fresnel Lowel iLight. Après un certain temps, les panneaux LED ont fait leurs apparitions. À l’époque, ces petits panneaux coûtaient une fortune et manquaient de puissance. Aujourd’hui, des panneaux plus abordable se retrouvent sur le marché. Pas nécessaire d’acheter un wescott hors de prix pour avoir puissance et qualité lumineuse. En utilisation avec ce petit appareil, on vois immédiatement le modelage de crée la lumière, et le rendu sur l’image avant même de presser le déclencheur.

En conclusion…

J’hésiterai moins à l’avenir à utiliser cet appareil. Je compte quand même sur Fuji pour sortir un appareil avec un meilleur autofocus (apparemment que le X-T1 est sur la bonne voix) et un rendement de pointe au niveau du iso (également X-T1). Les lacunes de cet appareil réside dans une utilisation ou la rapidité d’exécution en matière d’autofocus est exigé, et plus particulièrement en période de basses lumières où l’appareil peine à barrer son point de focus sur le sujet, et encore pire, si celui ci est mobile. Pour ce qui est du poids, je dois dire que l’attrait d’amener avec moi un appareil au si faible poids, sans concéder aucunement la qualité photographique exigé lors d’un travail rémunéré est fort appréciable. De plus, ce modèle de caméra peux être opérer en mode “remote” via iPhone. Le wi-fi interne envois l’image au téléphone intelligent, et il ne nous reste qu’à définir le point de focus en utilisant l’écran tactile du téléphone et de régler l’exposition. La manœuvre se fait en une seconde. Ce gadget en fait un allié de poids contre un célébrant/curé récalcitrant. Une fois la caméra discrètement installé, ni vu ni connu. Ah, j’oubliais, le bruit du déclencheur est quasi inexistant.

Mon gros coup de gueule, c’est la durée de la batterie. 300 clics d’autonomie, ce n’est pas assez, et ce, même si comme moi on a quelques batteries (4 dans mon cas). Et que dire de cet afficheur d’état de charge de la batterie qui est à toute fin pratique, inutile. L’appareil affiche en tout temps pleine charge, et lorsque la batterie affiche vide, il ne vous reste au mieux que deux ou trois photos possible, et encore, je suis généreux. Mon afficheur à tendance à m’aviser quelques secondes avant de se fermer.

Il y aura un deuxième volet à ce billet question d’explorer encore ses possibilités.

Dominique De Mari photographe, membre du Professional Wedding Photographers of Canada PWPC Courriel: info@lifestyleimages.ca Téléphone: 514-750-7492